Accueil / home ConstanteMaldives-Chagos

English Francais

Traversée Maldives-Chagos

Fua Mula disparaît derrière l’horizon. Il n’y a pas beaucoup de vent mais il est plutôt favorable ; il souffle de l’ouest et nous permet de faire un cap sud ouest. L’atoll d’Addu défile lentement sur notre tribord juste à la tombée de la nuit, puis il disparaît tout à fait. Seul un halo  lumineux nous rappelle son existence, puis, il disparaît à son tour, et avec lui, les Maldives.

 

Déjà, une avarie se développe sur le petit pilote ST 1000 ; il ne fonctionne plus. Après démontage, je découvre une courroie de transmission dont les crans sont détruits. Je le réparerai aux Seychelles car je n’ai pas de pièces de rechange. Heureusement j’en ai un autre en réserve. Bientôt le vent tombe et nous oblige à nous traîner sur la surface de l’océan à 1.5 nœud. Puis il s’oriente plein sud dès le deuxième jour nous forçant à tirer de grands bords. Le courant est contraire ; 1.5 à 1.8 nœud qui porte au nord est. Cela n’arrange pas notre pénible descente vers les Chagos. La nuit, les grains se succèdent, éprouvant notre moral. Carmen et Julie vivent la traversée comme d’habitude : dans la joie et la bonne humeur. Nous nous occupons d’elles du mieux possible malgré la fatigue. Meng n’éprouve pas le mal de mer cette fois-ci, mais son moral décroît rapidement.

 

Déjà 5 jours que nous tirons des bords ; à gauche, à droite et pas beaucoup de progrès vers notre destination. Cette nuit là, un cargo se profile à l’horizon sur tribord arrière ; il se rapproche de nous mais l’angle de sa position par rapport à Constante ne change pas du tout. Cela indique une trajectoire de collision possible. Au bout d’une demi-heure, je l’appelle par VHF ; Pas de réponse. Dix minutes après, je reçois enfin une réponse à mes appels. Le gars est un Russe, il ne me détecte pas encore sur son écran radar. Quinze minutes plus tard il me rappelle ; cette fois-ci il me lit enfin et m’annonce une trajectoire de collision ; Il me demande quelles sont mes intentions ? C’est à lui de manœuvrer car nous sommes sous voiles et donc prioritaires. Au loin l’horizon se bouche et présente un visage menaçant malheureusement presque habituel maintenant. Le cargo ne bouge pas de sa trajectoire et m’oblige à virer de bord bâbord amure pour l’éviter. Au même moment, le grain nous tombe dessus, je vire de bord à nouveau juste derrière le cargo et amène la grand voile en urgence. Nous naviguons à travers le grain sous artimon et 30% du génois. Le jour se lève en cette matinée du 5 ème jour. Les enfants pètent le feu et Meng pleure dans son coin. Devant nous une ligne d’horizon noire se profile. Je démarre le moteur car le vent est tombé après le grain. Je garde la mécanique active durant 7 heures d’affilées afin de tailler tranquillement notre sillage à travers trois barres de grains. Puis, en début d’après-midi, le temps se stabilise et je renvoie les voiles. En fin de journée, nous arrivons en face de « speaker bank »  un haut fond situé à 25 miles nautiques de Salomon. Nous tirons un bord vers le nord ouest de cette zone peu profonde et passons la nuit à descendre tout doucement vers l’entrée de l’atoll. Au petit matin du 6ème jour, l’atoll est en vue, nous sommes à 8.4 miles nautiques de l’entrée. Mais une autre série de grains décident de nous ralentir. Nous sommes cloués sur place pendant toute la durée de la matinée.

 

Nous entrons enfin à Salomon le 13/4/8 a 11h30.

 

 


Nous contacter - Mentions Légales  - Copyright 2007 - 2011