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Séjour à Rio de Janeiro

Nous arrivons pour la deuxième fois à Rio dans la baie de Guanabara. Nous sommes invités une fois de plus par notre ami Ruben Santos. Il est vraiment formidable. Nous prenons un corps mort indiqué par le conducteur du Cocoroca (la Navette du Rio de Janeiro Yacht club). Rubem en a contrôlé la solidité ce matin tôt. C'est du gros, du bon, ça tiendra bien. Mes petites femmes sont réveillées depuis peu, elles ont assisté au défilé des plages d'Ipanima et de Copacabana. Elles sont heureuses. Meng chante même les morceaux de musique brésilienne qui ont ces deux plages pour thème. Je me relâche enfin dans le silence de mon amour.
Nous sommes le 03/09/09 et la superbe piscine du club accueille les petites absolument ravies. Malgré la fatigue de cette nuit blanche je me régale dans l'eau avec elles. Rubem nous rend visite le soir même pour nous souhaiter la bienvenue. Merci Rubem.

Le 4 septembre 2009 nous entamons notre séjour à Rio qui durera 3 semaines exactement. Notre attitude a totalement changé par rapport à notre arrivée : nous sommes maintenant détendus, enchantés par les 3 mois passés dans la merveilleuse Bahia da Ilha Grande. Nous sommes devenus des radiateurs de positifs. Des membres du club et des invités font notre connaissance et tombent sous le charme. Nous nous faisons de nombreux amis dont la chaleur et l'amitié nous remplissent d'un bonheur rare. On nous invite à bord de bateaux locaux pour un coucher de soleil dans la baie. Au jardin d'enfants nous rencontrons Marcel et Veronica, un dissident suisse marié à une superbe brésilienne. Ils nous invitent chez eux et c'est la fête ; les petites sont heureuses, elles jouent avec des enfants de leur âge dont les chambres croulent sous des jouets fantastiques. Marcel est vraiment super et nous met à l'aise par un calme de toute circonstance, et pourtant, son père est atteint d'Alzheimer en phase terminale, sa mère est décédée l'année dernière, sa grande sœur, trisomique est à sa charge, et pour finir la servante qui s'occupe de lui depuis son enfance et qui travaille encore à son service, est âgée et demande une attention médicale non négligeable. Nous rentrons avec curiosité dans le tissu social du Brésil actif ; Quel sens de la responsabilité familiale Marcel fait preuve ! À méditer.
Nous recevons entre-temps Picola. Gottfried a décidé à récupérer son ami allemand à Rio pour redescendre à Ilha Grande. De là, Joanne et lui entamerons un voyage jusqu'à Buenos Aires. La décision est logique. Nous nous félicitions à l'idée de remonter vers les Caraïbes ensemble et sommes donc déçus, mais il faut se rendre à l'évidence ; si nous n'avions pas de problème de budget, nous aurions décidé de passer une saison en Argentine. Nous en sommes si proches…
Après une petite semaine passée avec eux au Yacht club, nous leur donnons congé, c'est ici que nos voies divergent. Heureux de vous avoir connu Gottfried et sa compagne Joanne.
Après une semaine de présence à Rio, nous rencontrons Carla et son mari Newton. Ils sont épatants. Lui est anesthésiste et elle, travaille dans une grosse entreprise de dépôt de brevet. Ils nous entraînent dans le confort de leur maison et du cercle de leurs intimes. Le père de Newton nous enchante par son humour et la vivacité de son esprit ; il était lui-aussi anesthésiste. Carla nous invite chez elle et nous présente sa sœur, une très belle femme, mère de deux enfants bien dans leur tête. Le père lui est remarié et vit à Sao Paulo. Newton nous balade à Copacabana, Ipanima, au réservoir etc.… Sa bonne humeur et son humour nous revitalisent. Conscients de la situation difficile que vivent les brésiliens productifs dans un pays où sévit une pègre intouchable, ils continuent néanmoins de croire en un meilleur futur. Je crois en effet, qu'il y a de l'espoir ici. Nous visitons enfin le site de Corcovado où se tient l'immense statue du Christ. Seule son ascension grâce à un petit train de montagne intéresse les petites. Ensuite, il fait trop chaud, il y a trop de monde, elles sont fatiguées. Bref… elles nous compliquent légèrement la visite. La vue est grandiose et tout simplement splendide. A cette altitude, le Christ avec ses bras largement étendus et son regard empreint d'une immense compassion, semble vouloir conserver une certaine hauteur face au chaos et à la discorde humaine ; comme je le comprends. Je le regarde comme un ami que je retrouve, nos yeux se rencontrent ; je perçois presque, une approbation. Au revoir Corcovado, nous sommes heureux d'être venus le rencontrer. Meng achète une miniature qui étendra bientôt ses bras bienfaisants dans le carré de Constante. Je revois clairement la petite statuette de la Sainte Rita dans le coin protégé du salon de Tarenne, le voilier de mes parents. C'est moi qui ai confectionné le support en bois sur lequel elle s'est reposée durant leur voyage autour du monde. Merci Sainte Rita pour ta veille sans relâche. Alors que nous savourons le confort du yacht club et l'amitié de nos amis, un invité inattendu se pose chaque soir à la tombe de la nuit sur l'extrémité de la barre de flèche tribord située a mi-hauteur du mât principal. En revenant au bateau, nous découvrons avec horreur teintée d'une colère grandissante, un véritable bombardement de merde brune, violacée, blanchâtre voire grisâtre par touche inégale. Chaque lâcher adopte une trajectoire propre et jamais identique à la précédente ; une belle illustration de la théorie du chaos. L'accélération de l'apesanteur charge le paquet de fiente fraîche et visqueuse d'une énergie considérable qui, compte tenu de la hauteur du perchoir, le fait exploser à l'impact afin de couvrir la plus grande surface possible. Le pont de Constante, capote, bimini et housse de grand voile comprise exhibent l'injure répugnante que ces trous du cul volant à cervelle de poix chiche lancent à la volée sur le pont de nos bateaux. Ivre de rage, je fouette les haubans pour le faire déguerpir ; C'est un gros truc ailé à plumage sombre qui prend son envol à contre cœur. Comment la nature a-t-elle pu créer un animal capable de larguer un étron toute les cinq minutes ? En France une énigme qui me sidère complètement. Un chat cherchera un endroit discret et enterrera son paquet quotidien consciencieusement en n'en laissant aucune trace. Ces félins sont dignes de respect ; ils tiennent le haut de l'échelle en ce qui concerne la gestion de leurs excréments. Loin derrière, et juste au-dessous des tubes digestifs volants, viennent les chiens et leurs maîtres. En France une combinaison indissociable qui tient le haut du pavé de la bêtise humaine associée au comportement  naturel d'un animal qui n'a pas sa place dans nos agglomérations. En France, on ne peut pas faire un pas sans devoir éviter la merde, à divers degrés de fraîcheur, de centaines de milliers de chiens en laisse ou en liberté. Comment peut on s'arrêter sur le perron d'un voisin, son chien en laisse, pattes avant tendues, pattes arrières pliées et contractées tandis que ce meilleur ami de l'homme dépose dans la plus grande indifférence un gros paquet de merde répugnante à l'extrême ?  A l'autre bout de la laisse, un ou une parfaite abrutie, regarde les nuages, les étoiles ou un journal en feignant d'ignorer l'outrecuidance de son clébard. Dans ce domaine, les Français ont beaucoup à apprendre de leurs amis Japonais ou Américains. Eux ramassent derrière, même si ça leur donne un air con…
Au bout de trois soirées à nettoyer le pont de Constante à l'eau de mer en injuriant ces oiseaux de tous les noms (sauf de noms d'oiseaux !), j'installe des fils tendus entre mât et haubans à 5cm au-dessous de chaque barre de flèche. Cela règle le problème.
Le 6 septembre c'est l'anniversaire de Maman. Je lui envoie un e-mail qu'elle ne recevra jamais. Alors le voici :
Bonjour Maman,
Je suis au Yacht Club de Rio de Janeiro bien confortablement installé sur une belle chaise pour venir te souhaiter Joyeux Anniversaire. Celui-ci a ceci de spécial ; il annonce le prochain que nous pourrons fêter ensemble (Inch Allah). Je t'envoie un peu de notre bonheur de vivre car nous sommes vraiment heureux, ici, libres, en famille. Je sais que pour toi, notre Mère, recevoir le bonheur de tes enfants, est le plus beau cadeau que l'on puisse te faire. Nous pensons à toi très fort Maman. Et moi, je sens ton amour immense, tes inquiétudes, tes joies et le réconfort que tu nous envoie par tes pensées ; je t'aime.
Joyeux anniversaire Maman.
Franck et sa petite famille.
Trois photographies de notre famille étaient attachées pour illustrer notre joie de vivre.
Nous rencontrons Alain et Anne sur Uhambo, un superbe Ans 43. Encore une belle rencontre. Ce sont des gens d'une grande gentillesse et d'une intelligence très au-dessus de la moyenne. Nous échangeons quelques services. Je l'aide à trouver une panne sur son groupe électrogène, et Alain me réinstalle un programme de navigation précieux sur mon ordinateur. Le disque dur est mort de sa belle mort. Il a fallu réinstaller tous les programmes dont celui-ci. Merci Alain pour ton aide et les multiples heures passées à régler les problèmes liés à cette installation. Au-delà de l'entraide, j'entre brièvement dans leur univers et découvre des personnalités vraiment remarquables. Un de leurs fils est là pour une semaine avec sa femme. Nous discutons de sujets dont la profondeur me ravit et les grave sur les sillons de ma mémoire. Malheureusement, ils descendent eux-aussi sur Buenos Aires, nous devrons nous quitter bientôt.
Après 3 semaines de présence à Rio, le bateau est à nouveau prêt, le moteur est entretenu, j'ai changé l'huile, tous les filtres… etc. Nous suivons de très près la météo car il nous faut un front froid pour partir avec du vent du sud. Prochaine destination : Vitoria.
Le départ est fixé au 24 septembre.
A la veille du départ, Ruben et Maria mais aussi, Newton et Carla souhaiteraient nous inviter à diner. Nous les aimons tous les 4 et proposons de nous réunir tous chez Newton. Ils acceptent avec joie. Nous passons ainsi une soirée inoubliable baignée de joie et d'amitié. Moi, je ne bois pas une goutte d'alcool. Demain nous serons en mer, je suis anxieux. Le stress m'habite comme à chaque veille de départ. J'observe nos amis autour de moi : ils rient, ils boivent à notre santé, nous aiment, nous sourient, mais ces émotions, ces énergies me parviennent comme des sons lointains, je suis déjà trop absorbé par notre départ, détaché… Nous leur souhaitons un au-revoir chargé de tristesse, puis nous réintégrons notre bord. Merci Ruben et Maria pour votre superbe accueil et l'aide inconditionnelle que vous n'avez cessé de nous prodiguer tout au long de notre séjour au Brésil. Nous nous retrouverons.
 


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