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Voyage de Rio à Vitoria et séjour à Vitoria

Le 24 septembre 2009, nous larguons le corps mort du Yate Club de Rio Janeiro. Le vent souffle en rafale, le ciel est bouché, il pleut. Les enfants et leur mère sont à l'intérieur. J'établis la GV à un ris et sort de la grande baie au moteur. Nous avons quelques miles à parcourir avant de l'arrêter complètement car le vent est Sud Est ; Constante ne peut remonter ce vent trop serré. L'angle s'ouvre graduellement et j'envoie le génois enroulé de 4 tours. Nous étalons très bien notre route. Toutes les 1 ou 2 heures, un grain nous survole, faisant monter le vent à 25/26 nœuds ; pas de problème pour Constante. La petite famille est à l'intérieur, bien calfeutrée. Seule Meng ne se sent pas très bien. Nous passons le Cabo Frio dans la nuit ce qui m'oblige à passer le génois sur tribord amure  et à le tangonner. La GV est largement ouverte sur bâbord avec une grosse retenue prise sur l'avant du bateau. Le gros du front passe, les conditions s'atténuent, le soleil revient timidement. Nous arrivons à Vitoria situé au fond d'un dédale de récifs. Une forte houle venant du grand Sud embarque Constante et le projette sur l'avant. Ca brise sur des hauts fonds situés de part et d'autre du voilier. Je serre les fesses, mais tout se passe bien. Le vent est maintenant très modéré et nous entrons dans une petite darse située en amont du Yacht Club. Nous reconnaissons Sheer Tenacity, un voilier sud africain rencontré à Ilha Grande. Rod nous informe immédiatement, grâce à son dinghy, de ce qu'il convient de faire. Nous prenons ainsi 2 bouées sur une ligne de corps morts, après avoir jeté l'ancre face au Sud Est. Deux heures plus tard, le vent passe au Nord Est 35 à 40 nœuds. Nous débarquons grâce à notre annexe dans l'enceinte protégée de la marina. Les petites sont déjà dans la belle piscine chauffée. Nous prenons contact avec la responsable des bureaux. C'est une jeune femme bien en chair qui nous accueille agréablement en anglais. Malgré quelques tentatives de négociation, il faudrait payer notre séjour sur la base de 4 adultes. Partout ailleurs nos filles n'ont jamais eu à payer quoi que ce soit, mais ici, elles comptent comme des adultes.
Le lendemain, le Nord Est souffle toujours aussi fort. Alors que je tente de régler la tension de nos deux amarres sur les deux bouées des corps morts, une liaison bouée/corps mort casse sous mes yeux. Le cordage en boucle passe par le centre d'un cône flottant. C'est la base du cône qui, par frottement, a cisaillé le gros cordage sur lequel nous étions amarrés. Cet incident éveille immédiatement un sentiment de suspicion quant à la fiabilité de ces corps morts. Je préviens le club qui dépêche un gars très sympa. Je prends deux autres corps morts au cas où et tout rentre dans l'ordre.
Ca souffle fort, le bateau se couvre graduellement d'une couche de poussière noire !!! De gros dépôts de minerai noir en poudre sont stockés de l'autre côté de la baie. Le vent dominant dans cette région vient du Nord Est et recouvre tout de cette poussière noire. Nous sommes horrifiés car en plus de la saleté qui nous envahit, nous respirons cette horreur. Comment ces gens peuvent-ils vivre ici dans de telles conditions. L'homme est capable de n'importe quoi. La ville est dynamique, mais polluée. Nous décidons de mettre le bateau au ponton d'accueil pour nous connecter à l'eau et le laver. Chaque fois que nous nous trouvons dans un endroit pourri comme celui-ci, j'éprouve une répulsion qui frise l'obsession. Il faut que je débarrasse Constante de cette pestilence coûte que coûte. Il nous faut jeter l'ancre pour reculer vers le quai puis passer les amarres à un employé du port. Je préviens toujours avant chaque manœuvre impliquant un accostage, de cette manière, les risques de dérapages et d'accidents sont minimisés. Bien nous a pris de nous déplacer car le vent passe au Sud Est et atteint 40 nœuds. Nous sommes bien amarrés et protégés par le quai sur l'arrière. Par contre, Joz le Français et Sheer Tenacity sont en difficulté. Joz est parti faire sa clairance en ville. Aux prises avec la connerie bureaucratique brésilienne, ils se douteront que tout ne va pas pour le mieux pour leur bateau laissé seul, mais ils n'y pourront rien ; empêtré dans le traditionnel imbroglio de paperasse inutile, ils s'inquièteront à juste titre sans pour autant pouvoir revenir agir. Joz n'a pas assez de chaîne dehors, il s'est mis à culer sur les deux corps morts puis s'est mis en travers évitant de justesse une vedette luxueuse alignée sur son tribord. Rod de Sheer Tenacity, me rejoint à mon bord ; nous décidons d'aller sur place pour tenter de rétablir l'équilibre du bateau. Une heure plus tard, après avoir bataillé sur le guindeau pour tirer de longues amarres sur l'enceinte militaire sur laquelle nous n'avons, en principe, pas le droit de nous amarrer, les bateaux sont maintenant sécurisés.
Merci Rod ! Meng emmène les enfants le lendemain au supermarché du coin. Nous avons décidé de partir le 30 Septembre (nous sommes le 29). Un front froid arrive demain ; nous en profiterons pour rallier Abrolhos. Je passe toute la journée à laver, récurer. Constante retrouve une meilleur allure.
 


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