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De Vitoria à Abrolhos et séjour à Abrolhos

 30 Septembre 2009. Le ciel est bouché, il pleut. La poussière noire accumulée dans le gréement, dégouline maintenant sur le pont fraîchement lavé ; j'enrage. Nous utilisons les services d'une annexe du club pour éloigner l'étrave de Constante, poussée par un fort Sud Est, contre l'épi de la jetée de l'entrée, là où j'ai jeté l'ancre. Grâce à l'action combinée du moteur et de l'annexe, tout se passe bien. Nous relevons le mouillage et sortons de cet endroit sordide. La mer est agitée, mais nous filons maintenant à plus de 7 nœuds en direction de l'archipel des Abrolhos. Il s'agit d'un parc national composé de 5 petites îles dont la plus grande, Santa Barbara, abrite un petit contingent de militaires. Grand voile à bâbord, génois tangonné à tribord, Constante laboure puissamment cette mer que surplombe une grisaille humide et lourde. Les petites jouent et ne cherchent pas à sortir ; elles savent d'instinct qu'il faut rester bien à l'abri à l'intérieur du bateau. Meng est bien acclimatée pour cette courte traversée ; elle se sent bien. A l'approche de l'archipel, des baleines surgissent de l'océan et s'abattent lourdement, mais avec une certaine pesanteur gracieuse, sur leur flanc en projetant d'impressionnantes gerbes d'écume blanche ; c'est beau ! Nous jetons la pioche au Nord de l'île à 12h30 ; l'endroit est très beau. Ici, l'air est clair, loin des hommes et de leurs industries, nous jouissons enfin d'un peu de pureté. L'accueil des autorités locales est chaleureux. Rien à voir avec les bureaucrates attardés qui arpentent les couloirs de l'administration brésilienne. Sheer Tenacity arrive à la tombée de la nuit. Nous sommes au mouillage, fatigués mais heureux.
Nous passerons en tout 10 jours ici. Nous attendrons un autre front froid pour avancer jusqu'à Camamu, mais nous ne sommes pas pressés qu'il arrive. Philippe, le jeune scientifique chargé de la bonne santé du parc, nous accueille personnellement. Nous l'invitons à bord et répondons à ses questions. Il est sympa et franc du collier ; il nous invite en retour à débarquer à terre car le commandante du contingent autorise ce privilège aux familles seulement. Enfin en eaux relativement claires, je passe 3 jours à nettoyer la coque de Constante ainsi que celle de Sheer Tenacity ; Rod ne peut pas plonger. Nous développons une amitié solide qui nous enchante. Nous aimons vraiment beaucoup les Sud Africains. Sur le plan climatique, nous sentons déjà des différences liées à notre remontée progressive vers le Nord. L'eau est ici beaucoup plus chaude qu'à Rio. Nous passons enfin du temps à nous baigner autour du bateau et sur la plage. 6 familles vivent sur Santa Barbara ; elles sont remplacées tous les 3 ans. Ces gens sont tellement sympas. Malgré les difficultés que nous éprouvons pour communiquer, le courant passe bien grâce,  bien sûr,  à nos filles qui ravissent tout le monde. Julie effectue ses premières brasses sans ses flotteurs. Nous sommes très heureux de la voir découvrir ses capacités. Nous ne ratons rien de leur évolution. J'écris ces lignes à Jacare (Cabedello près de Jao Pessoa) au son d'une chanson brésilienne. Il fait chaud, cette musique est tellement belle, mes petites femmes dorment, c'est calme et serein… je suis heureux.
Après 6 jours à l'ancre, Rod de Sheer Tenacity décide de partir sur Camamu. Le vent est d'Est et devrait convenir. Nous décidons de partir ensemble. Le ciel est bleu, la mer est belle, le vent de 10 à 15 nœuds. Nous disons au revoir par VHF à Philippe et l'homme de veille. Estrella, le petit bateau américain, nous a rejoints aux Abrolhos et devrait partir aussi. J'établis toutes les voiles et oriente la proue de Constante vers son premier point GPS. Tout va bien, cela devrait passer, mais au bout d'une demi-heure, le vent commence à serrer le bateau de plus en plus près. Un courant portant à la côte oblige le voilier à compenser sur tribord, vers le vent. Constante refuse et ses voiles se mettent à faséyer. Il faut se rendre à l'évidence, nous ne pourrons pas continuer. J'informe Sheer Tenacity que nous rebroussons chemin, mais il décide de continuer. Il utilisera son moteur. Meng n'est pas très heureuse, elle s'était déjà conditionnée pour le départ. Meng n'est pas une femme qui capitule facilement ; cela doit être une particularité forte du signe des scorpions (clin d'œil à mon père…). Nous revenons et passons 4 jours supplémentaires au cours desquels nous nageons beaucoup. Nous changeons même de mouillage, le temps d'une journée, pour plonger en famille ; un vrai bonheur ! Meng et Julie sont dans l'annexe au lieu dit de la plongée,  moi, je prends Carmen sur mon dos. Nous l'avons équipée de lunettes de natation qui lui couvrent les yeux uniquement. Elle n'accepte pas encore un masque. Comme il s'agit d'un parc national, les espèces abondent et ne s'effarouchent pas à notre approche. Carmen est aux anges, elle plonge sa petite bouille dont je devine les yeux immenses écarquillés par son insatiable curiosité. Elle plonge sa tête à droite puis à gauche. Elle pousse des cris d'excitation face aux gros mérous, snappers, tortues, poissons anges etc. Ca grouille de vie, et Carmen s'en enivre. Quelle joie ! De retour à l'annexe, nous laissons Carmen à bord de l'esquif tandis que Meng s'équipe et se met à l'eau. Moi, je prends Julie sur mon dos. Les conditions sont maintenant différentes. Meng est mal à l'aise, Julie ne peut pas encore vraiment apprécier l'expérience, Meng ne serre pas le tuba au bon endroit, elle avale de l'eau et prend peur. La plongée ; ce n'est pas son truc ! Nous revenons au bateau en rigolant de nos performances somme toute très disparates. De retour au mouillage de Santa Barbara, la liaison radio avec Papa confirme l'approche d'un front froid. Nous nous préparons pour le départ. Comme le vent devrait passer du Nord Est au Nord, puis au Sud Est, je remouille Constante un peu plus loin de la cote en prévision de la renverse
Le
lendemain 9 Octobre2009 vers 16 heures, le ciel est bouché, il pleut, le vent souffle plein Nord, puis il passe soudain, sans aucune transition au Sud Est. Estrella, trop près de l'île, est contraint de remonter en urgence son mouillage et passe au Nord de l'île sous son vent pour se protéger et préparer le départ. Nous, nous sommes déjà prêts. Meng me donne le feu vert et vers 17 heures, nous relevons le mouillage dans un clapot qui commence déjà à creuser, rendant l'endroit très inconfortable. L'au-revoir à la VHF est cette fois-ci définitif. Philippe nous remercie chaleureusement de nous être arrêtés aux Abrolhos ; un gars bien.

 

 



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