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Port Dixon Langkawi

Le séjour à Port Dixon se passe très bien avec des retrouvailles semi chaleureuses avec Simon Theseira, le vendeur responsable du bureau de Simpson marine. Durant mon activité chez Simpson en tant que service Manager, je m’occupais des bateaux que ces mêmes vendeurs avaient réussi à placer chez leurs clients. J’étais toujours obligé de freiner leurs ardeurs et de filtrer la tyrannie souvent irritante de demandes quelques fois déraisonnables, d’où une retenue flagrante malgré sa promesse d’assistance.
Le contact est établi dans son bureau par l’invasion tonitruante de la «Tsunami family» comme nous surnomment Serge et Suzy, mes oncle et tante de France. Pour nous, le séjour sera gratuit. Donc tout va bien. Nous retrouvons Le Cers qui se trouvait déjà là depuis quelques jours. Les retrouvailles sont chaleureuses mais tempérées par la différence de génération et le respect que la force du personnage inspire. On ne se jette pas dans les bras les larmes aux yeux, mais je prends beaucoup de plaisir à discuter avec eux. Les enfants tombent malades en même temps. Certainement un virus contracté à Singapour et qui choisit d’éclore ici. Leur température monte au delà de 39 degrés: heureusement Meng a très bien prévu cette éventualité et nous possédons en stock les suppositoires adéquats. Après deux jours, tout est rentré dans l’ordre. Je passe une journée et demie à nettoyer la couche de crasse accumulée à Singapour pendant le séjour du bateau au chantier. J’installe mes nouveaux Lazy Jacks et nous sommes prêts à repartir, cette fois-ci en compagnie du rallye Sail Malaysia dont font partis Jean-Claude et Monique. Nous partons vers 10 heures le 11 Novembre au milieu de la flottille.
11 Novembre
Très vite nous sommes distancés car nous nous mettons à la voile. Le vent est au travers et nous permet de faire route à une vitesse tout à fait raisonnable. La prochaine destination est à 150 milles nautiques derrière l’île de Pankor dans une ville militaire appelée Lumut. La journée est très belle et la nuit arrive tout doucement. Les enfants semblent toujours être atteints d’un coup de folie vers 18 heures. Elles courent partout, sautent sur les tables, celle du cockpit, du carré etc. Je suis obligé de les calmer pour reprendre le contrôle de leurs allers et venues. Vers 18 heures, le vent tombe, l’horizon se bouche comme très souvent dans cette région. Je remets le moteur en marche et ça repart. Les enfants se couchent ainsi que leur mère. Je ne veux pas qu’elle veille durant la nuit. Les petites sont tellement pleines d’énergie qu’elle doit être en pleine forme pour les gérer. Je me retrouve bientôt seul. Cette fois-ci, je suis nettement plus reposé que la première nuit passée entre Singapour et PD. De plus, un grain violent s’abat sur nous vers 21 heures. J’ai affalé la grande voile pour ne pas être gêné si le vent atteignait des forces difficiles à gérer. Alors ça tombe à l’horizontale. Cette fois, j’ai le ciré sur le dos et cela va nettement mieux. Il pleut toute la nuit et une partie de la matinée. Je vois mes filles se réveiller tout doucement avec le jour qui se lève enfin. Je suis fatigué, mais l’île remplit déjà l’horizon. J’ai bien rentré mes ways points et le mode track du pilote connecté au GPS fonctionne maintenant à merveille depuis que j’ai repositionné le compas à 180 degrés.
Nous arrivons à 14 heures non sans avoir dû rudoyer Carmen qui refusait de se tenir tranquille alors que nous naviguions dans un dédale de hauts fonds avec mes ways points à suivre de très près. Il faut qu’elle comprenne que dans certaines circonstances, NON, c’est plus non qu’à d’autres moments.
A elle de déceler dans notre gestuelle quelles sont ces nuances. Nous jetons l’ancre dans 9 mètres d’une eau, comme toujours, répugnante.

Les mouches pullulent bientôt à l’intérieur du bateau. Meng qui tente de faire une sieste devient folle sous les attouchements irritants de leurs pattes. Elle m’implore de les exterminer; plus facile à dire qu’à faire. Après de nombreuses tentatives infructueuses pour un nombre de victimes ridicule en regard de la masse bourdonnante, nous décidons d’aller à terre et de flytoxer abondamment l’intérieur du bateau. A terre, nous mangeons dans une gargote du style Hocker center à Singapour. Et là ce sont des hordes de moustiques assoiffés qui s’abattent sur nous. Heureusement, nous avions les produits adéquats pour les repousser. De retour au bateau, deux mouches ont échappé à l’insecticide pourtant généreusement vaporisé quelques heures plutôt. Je les atomise à coups de serviette pliée. Avec les moustiquaires en place, la nuit est calme interrompue seulement, mais ça c’est plutôt normal dans le coin, par le rouchate nocturne de service. Le lendemain, nous nous procurons une feuille de papier gluante, un piège à mouche asiatique. En fin de journée, il est noir de mouches.

Les filles s’éclatent sur le pont et trouvent déjà toutes sortes d’activités toutes aussi dangereuses les unes que les autres car il s’agit souvent d’escalade...Je m'émerveille de les voir si à l'aise sur ce bateau. Elles ne connaissent pas le mal de mer et pourtant elles ont déjà bien bougé dans le bateau devenu shaker à certains moments. Elles ne pensent qu'à jouer. Tout est orienté pour les abreuver d'activités intéressantes. Alors nous sommes éblouis par la clarté de leurs sourires et de leurs rires. Nous pouvons maintenant les observer à loisir et échanger en permanence avec elles. Les petites filles ne demandent que cela.

L'organisateur de sail Malaysia nous a pris sous son aile et sans payer la contribution demandée aux navigateurs membres du rallye, nous nous retrouvons parmi eux à l'occasion des dîners organisés par les autorités locales. Le roi de la région se déplace même en personne, avec rolls et chauffeur, pour nous souhaiter une bonne continuation...
Responsabilité oblige, j'ai des choses coincées derrière certains lobes du cervelet qui me lancent des messages du type : « cela fait un an et demi que tu as installé la turbine de la pompe à eau de mer ; il faudrait que tu la changes au cas où... » Alors je me décide finalement à le faire. L'opération est difficile à cause de l'accès limité à cette pompe. D'ailleurs je me rends vite à l'évidence: je vais me faire bigrement suer. Au toucher, la turbine semble en très bon état. La texture du caoutchouc sous les doigts est lisse et encore rigide. Le doute m'envahit, devrais-je renoncer et remettre cela à plus tard ? Non, il faut en avoir le cœur net. Je transpire à très grosses gouttes dans une position, somme toute, numéro un au palmarès de mes favorites: celle de la prière musulmane. Les fesses en l'air, le dos en cuiller et le mouvement de balancier pour récupérer la paire de pince sur laquelle je m'échine en insultant la terre entière d'avoir conçu une pompe aussi problématique. J'ai enfin réussi à retirer la turbine, et heureusement car trois pales de l'engrenage présentent déjà des coupures à leur base. La nouvelle turbine est installée promptement, et en prime ça ne fuit pas. Voilà une bonne chose de faite.
Je reviens toujours à cette phrase tellement juste de mon père qui me pousse dans tous les moments difficiles « à vaincre l'inertie », ou bien celle non moins vraie de mon ami Claude Sire qui me disait toujours : « Faites par libéralité ce à quoi la nécessité conduit » C'est vrai, j'ai tellement vu de situations devenues délicates parce que leurs préventions se sont heurtées au mur de notre propre inertie. Une turbine que l'on tarde à changer, et les pales commencent à se dissocier en allant réduire le flot d'eau de refroidissement. Toutes les pales finissent par se briser, au moment ou le besoin d'utilisation du moteur, par exemple à l’entrée d’un port par fort vent, est maximum. Le moteur surchauffe et serre. C'est la catastrophe pour le budget car il faut reconstruire le moteur, si d'aventure on s'en sort sans casse au moment de la panne.
 

15 Novembre 2007

15 Novembre

Départ pour l'île de Penang. Cette fois-ci, il s'agit d'une navigation de jour...ou presque. La flottille part vers 6 heures du matin pour une arrivée à Penang à 18 heures. Mais 6 heure, c'est l'heure où les petites se réveillent. Il faut s'en occuper. La routine est bien installée maintenant. D'abord le petit déjeuner, avant cela je remonte le moteur grâce à la bôme de l'artimon et l'installe sur son support, c'est tout un système à mettre en place pour que je puisse effectuer cette opération seul. Ensuite il faut remonter l'annexe et terminer par la nourrice à essence qui doit être sécurisée sur le pont de manière à alléger celle-ci le plus possible. J'ai vu comment ce surcroît de poids était préjudiciable par mer agitée. Bref, nous levons l'ancre à 10 heures. La navigation de jour est relaxe; il n'y a pas de vent et le soleil brille. Nous jetons l'ancre à 22 heures derrière la flottille déjà au mouillage. L'endroit est très calme et nous passons une excellente nuit...ponctuée bien sur, équateur oblige, par le bon rouchate de service qui nous oblige à tout fermer.

16 Novembre 2007

Il fait beau ce matin et nous partons avec le groupe vers 9heure 30 pour passer sous le grand pont qui relie la Malaisie à Penang. Nous suivons un bateau pompier qui, comme à New York, balance deux grands jets d'eau sur chacun de ses bords. Sur le pont, la presse est là, et les photographes nous mitraillent.
Nous arrivons à une marina située au Nord Est de Penang.

38 ans MengElle est crasseuse et extrêmement agitée à cause d'un va et vient incessant de grands bacs. Le pont est tellement engorgé que le trafic déborde sur les bacs pour soulager. Nous manquons à plusieurs reprises de toucher le mat du Cers de JC et Monique tellement les mouvements sont violents. Après deux petits voyages au Tesco (drôle de nom pour une grande surface ; les espagnols souriront), je décide de lubrifier mon anémomètre et ma girouette car ils sont grippés. J’en profite, à la demande de Jean Claude pour aller lui chercher la sienne qui est carrément bloquée. Je découvre un câble dont les torons externes sont déjà coupés et est donc prêt à lâcher. Tous ses haubans sont mal montés et les sertissages situés à l'accroche sur le mat présentent un angle de plus de 10 degrés entre embout serti et câble !!! Cela a été fait par un professionnel à St Cyprien. Il faut qu'il remplace le câble et qu'il supprime l'angle présent sur tous les autres. Il sort au chantier de Penang le jour de notre départ pour Langkawi. Rendez vous est pris pour nous retrouver à Telaga harbor sur l’île de Langkawi

19 et 20 Novembre 2007

19 Novembre,
Nous partons à 7 heures 50 de la marina pour une navigation très tranquille sans vent et sous le soleil vers le groupe d'îles de Langkawi. La mer est plate car nous avançons sous le vent des îles. Nous arrivons à 17 heure s30 et mouillons dans 4m50 d'eau assez loin de tout.

20 Novembre,
Nous prenons contact avec Simpson Marine Langkawi, Claire est toujours là, plus belle que jamais. Nous ne pouvons rester que deux jours car une régate possède la priorité sur nous. Il nous faudra partir.
Nous en profitons pour envoyer des e-mails et contacter les membres de nos familles respectives. Mon extracteur d'air pour le compartiment moteur est déjà mort, un ami me le remplace gratuitement (une faveur qu'il me devait...). Nous complétons notre ravitaillement et repartons avec du baume au cœur car c'est dans cette marina que nous avions repéré Constante pour finalement l'acheter et le ramener vers Singapour où nous sommes restés 5 ans. Maintenant, c'est en eau inconnue que nous naviguerons.
Nous sommes entrés dans le bureau de Simpson Marine plusieurs fois par jours pendant ces deux journées, et à chaque fois, notre surnom de « Tsunami family » a été amplement justifié par les cris de joie des filles qui grimpaient sur le mobilier, ouvraient et fermaient sans arrêt et avec vigueur tout ce qui ressemblait à un tiroir, lisaient sans les lire toutes les brochures magnifiques de ces bateaux sans prix, soulevaient les tapis pour s'y enrouler et faire des cabanes, éparpillaient toutes sortes de papiers dont l'importance n'est pas encore identifiée, faisaient couler l'eau des petits robinets du distributeur à grosse bombonne renversée, balançaient en l'air leurs jolies petites chaussures qui,( c'est normal, à cet âge la maîtrise de la trajectoire n'est pas encore acquise) atterrissaient un peu partout et renversaient toute sortes de trucs mis là en équilibre précaire sur les meubles présentoirs (la superbe maquette d'un Azimut 116 a échappé au chavirage...). Bref ils ont soufflé quand nous avons repris la mer ce 22 Novembre pour mouiller dans une baie entre deux îles. C'est d'ailleurs depuis ce mouillage tranquille mais de très mauvaise tenue que j'écris ces lignes. Je serai sur mes gardes cette nuit afin de relever le mouillage si un coup de Sumatra se déclarait. Demain je remouillerai car nous sommes ici pour aller à terre et emmener les filles voir un aquarium. Je me suis mis à l'eau ce soir histoire de dire que je me suis baigné car c'est la première fois depuis notre départ. Evidemment, Carmen veut aussi venir. Je descends donc ma nouvelle superbe échelle de bain ultra hyper bien conçue (et elle l'est en effet). Le courant est suffisamment fort pour que je reste accroché a l’échelle avec Carmen qui demeure collée à mon corps. Julie crie et pleure car elle veut profiter du bain. Je donne le feu vert en me concentrant pour que les deux petites restent entre mes bras accrochées à l'échelle. A peine deux minutes dans l'eau et je sens une brûlure (encore présente au moment où j'écris 23heure 45) Julie la ressent aussi mais pas Carmen. Je m'essuie le visage du revers de la main droite et me brûle la face aussi. Il faut sortir et vite. Nous voilà hors de l'eau à nous frictionner au savon et à l'eau douce de la douche du cockpit. Je ne sais toujours pas qu'elle genre de cochonnerie se trouvait dans l'eau... Vivement l'eau claire et les fonds de sable blanc
   

23 et 24 Novembre 2007

23 Novembre,
Nous avons passé une bonne nuit seulement ponctuée du rouchate traditionnel de service. Le bateau n'a pas dérapé malgré le vent. Mais au matin, je décide de larguer un peu plus de chaîne et de tirer dessus avec le moteur pour voir si l'ancre va tenir, mais rien n'y fait. Je relève le mouillage et déplace le bateau d'une vingtaine de mètres et remouille. Mais de nouveau, sous la traction de notre puissant 80 CV, le bateau dérape allègrement. Nous décidons d'un commun accord de partir. Nous allons donc à Telaga Harbor dans la foulée. Cette fois-ci, le mouillage tient correctement. Nous pouvons donc laisser le bateau seul pour aller voir ce fameux aquarium pour la plus grande joie de nos filles. Elles s'extasient devant les flamands roses et les poissons de toutes tailles formes et couleurs. Dans un des espaces réservés à l'interaction entre touristes et animaux, il y a un python enroulé sur une bâche que les enfants peuvent caresser. Le moniteur encourage Julie à effleurer la tête du serpent, ce qu'elle fait sans la moindre crainte. Moi je deviens nerveux à la vue de ses toutes petites main si proches de cette gueule de prédateur. Je me tiens prêt à bondir, puis n'y tenant plus je m'empresse de les éloigner de l'animal. De retour au bateau, nous nous préparons pour aller à terre de nouveau, nous sommes invités à une de ces «party » anglo-saxonne. Nous y allons et parlons principalement de voyages avec les navigateurs présents. Les enfants sont fatiguées et nous faisons un crochet par les douches du Yacht Club avant de repartir sur le dinghy en direction du bateau. Les petites, vannées, s'endorment dans nos bras. Il faut alors faire de l'acrobatie pour les transférer endormies de l'annexe aux couchettes du bord.

24 Novembre,

Emmy, une amie malaise est supposée nous rejoindre aujourd'hui pour effectuer un bout de chemin avec nous, mais elle ne viendra pas ce soir... (nostalgie). Elle nous a dépanné pendant six mois pour garder Carmen sur son bateau (une jonque chinoise à moteur qu'elle et son petit ami, qui ne l'est plus, louaient à l'époque dans la même marina) Au matin de bonne heure, j'emmène les filles sur la plage en dinghy, car elles ont vu des chevaux. Grosse excitation et nous voilà partis. Evidemment, les chevaux ne sont plus là quand nous arrivons, mais nous nous régalons à jouer dans l'eau et à construire un château de sable. Tout de même, Julie n'est pas très a l'aise sur le sable, substance étrangère dont elle n'a pas encore pris l'habitude.

A 11 heures, j'accompagne Meng et les enfants à terre et reviens au bateau car je veux réparer le compte tours du moteur qui ne fonctionne plus depuis Raffles marina. Après de nombreux tâtonnements, je découvre un fil électrique bouffé par la corrosion. La coupure était à l'intérieur d'une gaine. Pour cette raison j'ai mis beaucoup de temps à trouver. Grâce à la VHF portable que Meng a pris avec elle, je ramène la famille au bateau d'un coup de dinghy. Puis nous décidons d'aller voir un ami au yacht club ; nous ne faisons pas 50 mètres que des Néo-zélandais rencontrés à Raffles marina nous invitent à boire un verre à leur bord. C'est sympa et nous acceptons. Mais comme toujours, les filles se mettent à faire les 400 coups, elles sont tellement curieuses que tout y passe : les jumelles posées sur le coussin du cockpit les émerveillent, etc. Puis Carmen décide de monter sur le dinghy attaché à l'arrière du bateau grâce à la plate-forme de bain. Je la suis du coin de l'œil, et elle disparaît derrière le tableau arrière du voilier, trois secondes plus tard, nous entendons un plouf! Je me précipite mais ne crains pas le pire car il n'y a pas de courant et Carmen sait bien nager maintenant. Je la découvre nageant comme elle sait très bien le faire pour rester hors de l'eau comme à la piscine, sauf qu'à cet instant, son visage est contracté par la peur de ce qui lui arrive. Je la dirige vers l'échelle de bain déployée dans l'eau qu'elle n'a pas pensé à emprunter pour remonter à bord. Une belle frousse, mais elle repart 5 minutes plus tard dans la même aventure et réussit finalement à se hisser sur le canot par ses propres moyens, cette fois-ci j'étais sur la plate-forme. Même si tout s'est bien passé, je n'ai pas pu m'empêcher d'éprouver un fort pincement au cœur. Nous avons pris la décision de vivre d'une façon qui comporte des risques pour nos enfants en contrepartie des immenses bénéfices qu'ils retireront de cette expérience. Alors nous sommes extrêmement vigilants en permanence. A chaque instant, il faut savoir où se trouvent nos filles, et exercer un contrôle draconien sur ce qu'elles font ou veulent faire. Seule la nuit nous offre un répit car... elles dorment.

Bonne nuit

 

25-29 Novembre 2007

25 Novembre

Nous décidons de visiter une ferme d’élevage de crocodiles. Apparemment anodine, cette visite révèle une facette de la nature dont je n’avais pas la moindre idée. Nous commençons par des petits monstres inquiétants mais pas vraiment impressionnants. Evidemment, vus d’en haut et à travers une grille semi-rouillée, ces gros lézards rampants dans une eau nauséabonde, ne nous font pas lever les poils sur la peau. Nous poursuivons notre visite benoîtement sous un soleil de plomb. Nous apprécions un banc sur une dalle de béton protégée d’un gazebo sous lequel nous nous réfugions pour tenter de nous rafraîchir. Il faut faire passer le temps car il y a un «show» à 14 heures 45 que nous voudrions voir, poussés par une curiosité sceptique car enfin, que peut on bien élaborer avec des animaux inapprivoisables, imprévisibles et de surcroît extrêmement agressifs? Le résultat est pourtant époustouflant. Nous assistons à une démonstration de maîtrise et de sang froid de la part de trois gaillards pas très musclés, voire un peu malingres sauf le chef que la bedaine définit en tant que tel. Il faut les voir manipuler un petit crocodile extrêmement agile dont il faut ligoter la gueule pour avoir la paix (peut être une technique à approfondir avec certaines compagnes...). Ensuite, c’est au tour d’un gros crocodile de se faire titiller la panse écailleuse pour le voir sortir de son trou humide. A ce rescapé de la préhistoire, on brosse les dents...Il se laisse faire, mais je serre les fesses par crainte de voir le monstre emporter la brosse, main et bras si le dentifrice ne lui convenait pas. Ensuite, et c’est le clou du spectacle, ils font sortir d’un autre trou humide, un crocodile monstrueux. Il est tellement gros que les hommes qui l’agacent avec de longs bâtons de bois, semblent nains à côté. Il n’en finit plus de traîner ses 5 mètres hors de l’eau. Il pèse la tonne passée et n’apprécie pas les coups de pique-bœuf qui l’ont sorti de sa torpeur apparente. Il n’y a rien de plus mortellement ennuyeux que l’observation d’un crocodile dans une flaque d’eau; rien ne bouge, pas le moindre muscle, le moindre mouvement de paupière. La respiration n’est pas perceptible et les cris stridents de Carmen n’en font pas sourciller un seul. Mais là, c’est un «show» et ça bouge, bien forcé. Ce monstre effectue chaque jour les mêmes gestes, pourtant on a l’impression qu’il les accouche dans la douleur et la plus extrême réluctance. Il est énorme et me glace les membres. Le dompteur insère même son bras à l’intérieur de la gueule du reptile. Je sais que vu le placement des yeux, l’abruti ne peut pas voir ce qui rentre dans sa gueule largement ouverte, mais tout de même, il faut avoir du cran pour réaliser cette folie. Je le supplie mentalement de ne pas mettre sa main là dedans, et si ça foirait à ce moment là, devant mes filles... l’horreur. Mais tout se passe bien et c’est tant mieux.
Les jours défilent jusqu’au 29 Novembre.
 
29 Novembre
 
Voilà deux jours que la Mousson de Nord Est s’est installée. L’éolienne montée à Singapour au prix de nombreuses heures de travail, fonctionne très bien et complète parfaitement les panneaux solaires. Nous n’avons encore pas eu besoin de démarrer le moteur pour recharger les batteries. Aujourd’hui, nous sommes allés aux sept puits qui se trouvent très proches de l’endroit où nous sommes. Heureusement, une âme généreuse nous y amène en voiture. Il faut ensuite monter 471 marches en béton pour parvenir à l’endroit féerique de ces bains naturels. Evidemment les filles sont aux anges et se régalent dans l’eau douce, fraîche qui cascade de bains en bains avant de se précipiter le long d’une falaise. Il fallait voir la tête de Carmen quand elle a décidé de se lancer dans un toboggan naturel creusé à même la roche par l’érosion du torrent. Elle s’est élancée en ayant d’abord perdu l’équilibre et la voilà les quatre fers en l’air (elle était complètement nue comme à son habitude lorsqu’il s’agit de plonger dans un liquide), perte totale de contrôle. La pauvre s’est fait ballotter dans tous les sens, parfois un peu trop durement à mon goût, avant de se cracher dans la bassine rocheuse, dans un tourbillon d’eau turbulente. Elle en a émergé une seconde plus tard, le visage contracté par l’épouvante. Il n’y eu pas d’autre tentative...
Un couple de touristes australiens nous ramène au port où je me fais accrocher par le manager d’un bateau à moteur que Simpson Marine a vendu à un richissime client Singapourien. Il s’agit d’un AZIMUT de 116 pieds. Le bateau est au quai des pompes à gasoil (15000 litres à transvaser!). La litanie des problèmes techniques à régler commence avec un énoncé détaillé des actions qu’il aurait fallu mettre en place et qui ne l’ont pas été, les mecs qui ont fait défaut et qui ont été renvoyés, les nouveaux problèmes à résoudre sur lesquels il faudra travailler, etc. etc. J’ai coupé la conversation par un:«je dois m’occuper de mes filles; elles me réclament» Quel bonheur de ne plus avoir à recevoir les seaux de merde dans la gueule à chaque fois que la porte de mon bureau s’ouvre...
De retour au bateau, après avoir remplit nos jerricans d’eau douce au quai, nous effectuons le transvasement dans le réservoir d’eau et nous reposons. Hier, ce sont trois voyages effectués en annexe avec nos trois jerricans de 20 litres chacun que nous avons transféré de la station service à notre mouillage. Le plein de gasoil est fait. Tout le monde dort et cela sera bientôt mon tour. Demain, Jean Claude préparera mon poste émetteur récepteur pour installer un Modem Pactor qui nous permettra de communiquer plus facilement, grâce notamment à l’e-mail à bord du bateau. Nous sommes heureux, j’ai de la peine à croire qu’il est enfin possible de vivre ce grand rêve en toute simplicité. C’est vrai, nous devons demander aux autres un peu de générosité pour nous emmener d’un endroit à l’autre si nous voulons bouger car ici, les bus et transports en commun n’existent pas. C’est vrai qu’il faut se mouiller un peu sous les embruns que le vent de mousson soulève dans la baie pour aller se doucher aux toilettes publiques du port, c’est vrai qu’il faut transbahuter des bidons de toute sortes pour avoir de l’eau ou du gasoil dans nos réservoirs, c’est vrai que nous devons nous lever la nuit pour fermer les écoutilles sous les grains équatoriaux, c’est tout aussi vrai, que l’éolienne rafute au milles diables sous la poussée du vent qui, en passant, ne manque pas de générer ses propres décibels contre les haubans, espars et autres trucs qui composent le bateaux et dont les fréquences de vibrations s’harmonisent bien avec lui. Il faut aussi amener son linge à terre et faire la lessive rapidement au premier robinet du coin en n’ayant pas trop l’air de gitans. Mais quel bonheur cette liberté qui nous permet enfin de vivre avec nos enfants.
A bientôt!
 

29 novembre - 3 décembre 2007

From the 29 of November to the 3rd of December
Nous vivons une existence paisible entre les besoins des enfants et notre préparation pour le départ vers la Thaïlande. A ce sujet, nous décidons de trouver une voiture pour aller à Kuah et tenter d’acheter le fameux Pactor. C’est le ship «peninsular» qui en est le distributeur. Après une présentation de mes matériaux et de mes besoins, je me rends compte que le propriétaire du magasin ne maîtrise pas du tout son sujet. J’hésite car il serait difficile de faire machine arrière si cela ne fonctionnait pas bien. J’ai la carte de crédit dans la main et la somme de 3287 ringgits à débourser quand il nous demande 3 pour cent du montant pour avoir le droit d’utiliser la carte : Meng me regarde et tue le deal par une question dont elle a le secret:» A-t-on vraiment besoin de ce truc là?». Dans l’absolu, non, cela ne nous est pas indispensable. Alors nous retournons à Telaga avec la voiture qu’une de mes connaissances de Singapour nous a prêté sous la condition de remplir le réservoir d’essence qui est évidemment complètement vide. Cela nous coûte au total plus cher qu’une voiture de location et de plus nous ne l’avons utilisée que pour la moitié de la journée. On s’est fait un peu roulés sur le coup.
Le lendemain nous empruntons le «cable car» de Langkawi qui se trouve à côté du mouillage et qui monte tout en haut d’un éperon rocheux imposant. Je découvre des sensations complètement inconnues. Nous sommes dans une petite voiture à six places que seule notre petite famille occupe. Nous sommes suspendus dans le vide et le calme. Le silence règne et le mouvement de la cabine qui monte est à peine perceptible. Nous sommes tous médusés par le spectacle grandiose qui se déroule sous nos yeux. Nous n’oublierons pas cela de si tôt. A notre arrivée au niveau de la mer, il y a un complexe touristique à la base du téléphérique avec des animaux dans un petit parc que les enfants peuvent caresser à loisir. Les filles se régalent à toucher des lapins et des biches.
 


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