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Voyage de Itaparica à Maceo et séjour à Maceo

Meng retrouve le sourire et, le 2 Novembre 2009 à 5h40, nous partons pour Maceo en compagnie de Sheer Tenacity et 4 autres voiliers : Tzigane, un beau Santorin de chez Amel, Bidibul, un autre Français, Joz et un couple d'Italiens, Luigi et Sylvia. Dans l'heure qui suit notre départ, Rod nous annonce par VHF que sa Mère est décédée dans la nuit.
Cette fois, le vent est très modéré et les 80 CV du moteur Ford de Constante nous poussent gentiment contre vent et courant à 5 nœuds de moyenne. 74 heures de moteur plus tard interrompues seulement par le contact radio avec Papa, nous arrivons de nuit à Maceo. Un vrai délice de retrouver le calme d'un mouillage protégé.
Au petit matin de ce 5 Novembre 2009, nous repérons une station service près de la plage grâce aux jumelles du bord. Pour l'anecdote, elles m'ont été offertes par mon oncle Serge, et continuent de me rendre de très grands services. Je relève le mouillage et jette l'ancre un peu plus loin, en face de cette station, mais un débarquement en dinghy chargé de jerricans à remplir semble impossible. De belles vagues brisent en créant un surf aussi puissant que dissuasif. Il faudra trouver une autre solution pour faire le plein. Nous relevons le mouillage une fois de plus (milles fois merci au guindeau électrique), et prenons un corps mort près d'une multitude de bateaux de pêche. Je mets l'annexe à l'eau et l'équipe de son petit moteur 2 CV. Meng et les enfants resteront à bord pendant que j'organise à terre, la fourniture du gasoil. Il y a un yacht club en face qui, d'après les instructions nautiques, pourrait m'aider. A l'approche de la plagette où se trouve l'entrée du club, ma gorge se noue et mon estomac manque de renvoyer mon petit déjeuner. Une forte puanteur me taraude les narines. L'endroit est un égout immonde dans lequel les habitants des favelas avoisinantes déversent quotidiennement leurs sécrétions les plus abjectes. Je dois me résoudre à tremper mes pieds dans une eau noire charriant au gré des vaguelettes rescapées de l'Atlantique, toutes sortes d'ordures en décomposition avancée. Je piétine dans ce cloaque à la limite de la nausée. Des débris mous et visqueux s'insèrent entre mes doigts de pieds qui vomiraient sur le champ s'ils avaient une bouche. Je descends mes roues amovibles, et extirpe l'annexe de cet enfer inhumain, ou plutôt… trop humain. Je le traîne à l'abri, dans l'enceinte du yacht club.
Là, un de ses membres organise le transfert de fuel avec un Brésilien dont la spécialité est, justement, le ravitaillement en eau, glace, fuel et autre des bateaux de pêche. Il doit passer à bord de Constante avec son propre bateau pour récupérer les jerricans à 14h30. C'à s'annonce bien. Malheureusement, il me faut franchir en sens inverse l'immonde zone de puanteur putride insoutenable, pour regagner mon bord. De retour au bateau, mon visage est contracté en un rictus de dégout qui me semble figé à jamais. Je me récure les pieds et mains au savon de Marseille, longuement, très longuement. Rod et Doug se joindront à moi avec leurs jerricans. A 14h30 tapante, un fort gaillard se présente sur une barque en bois qu'il propulse à la godille. J'embarque avec mes jerricans et vais chercher Doug ainsi que ses deux rames pour aider le Brésilien à avancer. Nous allons ensuite voir Rod qui doit me prêter trois jerricans supplémentaires. Meng et les enfants sont avec moi car elles veulent découvrir le yacht club, faire un peu de lessive, et prendre une douche. Encore une fois, nous pataugeons dans l'égout des bidonvilles. C'est pire la troisième fois, quelle horreur ! Nous prenons bien soin d'éviter tout contact entre cette pestilence horrible, et nos petites filles. Nous les déposons loin, bien au sec. Face au nombre important de jerricans : 13 au total, notre porteur appelle un de ses potes qui arrive avec sa brouette perso. Et oui, c'est grâce à deux grosses brouettes en bois fabriquées à la maison, que nos deux amis prennent le chemin de la prochaine station service. Je n'en crois pas mes yeux ! La station est à 20 minutes à pieds. Nous y remplissons tout les jerricans, payons, et accompagnons nos porteurs. J'ai mal pour eux. Ils soulèvent une brouette chargée à 155 kg dont 77.5 kg directement sur les bras. Ils s'épuisent vite et doivent s'arrêter pour se reposer. Durant l'une de ces pauses, je tente de soulever la brouette ; je n'arrive même pas à la décoller du sol. Si je poursuivais l'effort pour soulever l'engin, il me faudrait une année d'hôpital et une nouvelle colonne vertébrale ; costauds les gars ! Nous arrivons enfin au yacht club et effectuons les divers transferts sur nos bateaux respectifs. Pour cet effort physique important, j'offre 20 rias… à ma grande surprise, mon porteur est radieux !  Moi, j'ai la vague impression de l'avoir sous-payé. Je tente tout de même de lui suggérer l'utilisation d'une charrette à 4 roues. Il préfère sa brouette, plus maniable…
 


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