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Voyage de Maceo à Jacare et séjour à Jacare

Je ne supporte pas cet endroit immonde, aussi, nous partons 2 jours plus tard, au petit matin du 7 Novembre 2009. Direction : Jacare dans la rivière Paraiba entre Cabedelo et Jao Pessoa. Encore 13 heures de moteur ininterrompues jusqu'à 40 miles environ de Maceo, Puis là, miracle ! Constante oriente plein Nord et recommence enfin à naviguer à la voile pure.

Nous passons au large de Recife dans la nuit. Nous ne nous y arrêterons pas à cause encore de l'insécurité notoire qui y règne. Je vois cette grande ville s'étaler sur notre bâbord, puis disparaître. Le voilier marche tellement bien que nous arrivons en face de la première bouée du chenal d'entrée à 16h00 le lendemain. J'effectue un 270 degrés pour changer de bord et attaquer le chenal à la voile. Sheer Tenacity est à une demi-heure devant nous. Nous affalons les voiles lorsque le voilier oriente au Sud, et terminons les deux derniers miles au moteur. Enfin en vue de la marina de Philippe Fessard, nous mouillons notre ancre dans une eau marron foncée peu engageante. Tzigane, l'Amel de Jean-François et Janic, se trouve au ponton.

Le lendemain 09 Novembre 2009, nous découvrons la marina et ses environs. Il y a une piscine circulaire avec deux larges marches où Julie a pied. Nos filles sont déjà dans l'eau. Philippe à vraiment compris les besoins des navigateurs : WIFI, piscine, électricité, eau, fourniture de gaz et de fuel, salle de gym, coin barbecue, grande table de rencontre pour les réunions d'amis, possibilité d'échouage verticale, bref, nous serons bien ici pour finir notre séjour au Brésil. Le village est sympa, mais l'on sent l'omniprésence de la criminalité. Toutes les maisons sont protégées par de fortes barrières d'acier aux portes et aux fenêtres.
Nous rencontrons des missionnaires américains, leur maison est cerclée d'un mur rehaussé de 1m50 et terminé par un rempart de fil électrique véhiculant une tension de plus de 20000Volts. Pour finir, un gros berger allemand patrouille dans le jardin jour et nuit. Lorsque nous prenons le train diesel local pour aller effectuer notre sortie à Cabedelo, d'imposants policiers armés avec gilets pare-balles, assurent la sécurité des passagers. Les papiers sont signés sans problèmes à l'immigration et aux douanes. Nous n'allons même pas voir le capitaine du port qui, nous le savons, nous poserait des problèmes pour ne pas avoir rendu visite à ses homologues à chaque arrivées et départ de ports brésiliens. Nos tampons appliqués et la clairance en poche, nous demeurons quelques jours supplémentaires très agréables à la marina de Philippe. Au total nous aurons passé une semaine au ponton (198 rias / semaine). Là, nous avons nettoyé notre réservoir d'eau et réparé quelques bobos sans gravité. Puis nous sommes revenus au mouillage. Chaque soir, nous entendons le boléro de Ravel joué au saxophone sur accompagnement orchestral préenregistré. L'interprète est maintenant très connu, il a joué le boléro sur sa barque propulsée par une godille et son marin chaque soir au coucher du soleil pour plus de 3200 fois. Il termine toujours ses dernières notes au moment même où le soleil disparaît de l'horizon. Son timing est parfait. L'effet est magnifique et de nombreux touristes font le déplacement pour venir le voir.

Nos filles sont très heureuses car elles se sont fait depuis peu de nouvelles copines. Nous passons du temps avec la famille de missionnaires dont l'hospitalité et la gentillesse semble ne pas connaître de limites. Les petites ainsi que leurs filles se déguisent et jouent ensemble des après-midi entiers. Nous aimerions nous découvrir plus longuement, mais, malgré les très bons moments que nous passons ensemble, il faut partir. Une fois la clairance enregistrée, nos heures au Brésil son comptées. Nous partirons 5 jours après. Cette fois-ci, nous prendrons la mer avec une bible ! J'écoute Jean pendant des heures. Sa passion religieuse est intense. Il tente de me convaincre, mais je ne peux m'abandonner à des croyances auxquelles je n'adhère qu'en partie (toute petite la partie). Je dois donc me résoudre à rejoindre le bataillon des damnés en enfer pour ne pas m'abandonner au sauveur de nos âmes pécheresses: Jésus Christ. J'espère que dans son infinie bonté et le silence de son amour, il m'accordera une dérogation… affaire à suivre.

Nous reprenons les contacts radio avec Papa en vue de la traversée à venir. La veille du départ, nous recevons une dernière fois nos amis missionnaires et leurs 4 enfants à bord. Je plonge dans le cloaque de cette rivière pour contrôler et nettoyer l'hélice, là, je découvre que la coque est entièrement couverte d'un tapis de bernicles juvéniles. Il me faut plus d'une heure pour en venir à bout à grand coup de racloir en caoutchouc. Il fait nuit, je procède à tâtons en faisant courir ma main gauche sur la coque pendant que la main droite racle. Une bonne douche plus tard, nous sommes tous dans le cockpit autour d'un jus de fruit, mais une fois de plus, l'esprit est déjà dans le voyage. Nous devons effectuer 1329 miles pour atteindre Dégrades des Cannes en Guyane française. Nous raccompagnons John, Jenny et leurs 4 enfants à terre, nous couchons les petites et passons ce qui devrait être notre dernière nuit en terre brésilienne, si Dieu veut…

 



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