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Voyage de La Grenade à Cariacou et séjour à Cariacou

11 Février 2010 à 7 heures du matin, nous relevons le mouillage un peu forcé par les pêcheurs du coin qui nous ont encerclé  avec un immense filet lancé depuis la plage. Ils ont tout de même la délicatesse d'attendre le dernier moment pour nous réveiller et nous permettre de le franchir avant de le refermer. Nous revoici sous voiles au près bon plein. La mer est belle ; nous arrivons à Tyrrell Bay Cariacou à 12h30. Une cinquantaine de voiliers se trouvent ici. L'eau est très claire et le fond d'algues et de sable. Nous mouillons sur une belle tache de sable blanc. Il s'agit pour nous d'une escale technique qui, je l'espère ne nous posera pas de problèmes. Malheureusement, ils se présentent dès le lendemain. Nous rencontrons Paul, un gars très sympa qui me montre la peinture réservée pour nous ; le numéro est différent de celui communiqué par mail par Jerry, le patron du chantier. Je lis Inter speed 640 au lieu du 460 annoncé par mail. Du coup la compatibilité de ce produit avec celui que j'ai sur la coque est remise en question. Après trois appels, un dans le New Jersey, un à Houston le fabriquant, et un à Singapour pour consulter mes anciennes sources, aucun élément ne me permet de confirmer une quelconque compatibilité. Je ne veux pas prendre de risque. Je me décide pour Bottomkote, peinture à 116 USD les 4 litres indiquée sur le catalogue de Budget Marine. Après 10 jours à attendre que le management peu inspiré de  ce distributeur à la Grenade se décide à nous dire si oui ou non, nous pourrions recevoir cette peinture, nous faisons affaire avec deux Français basés en Martinique. Je les rencontre sur le terre-plein du chantier. Ils me vendent leur fond de pot  (10 litres en tout) pour 100 Euros. C'est la providence car l'opération de carénage peut enfin commencer à des tarifs défiants toute concurrence. Nous sommes soulagés, mais … il faut bosser maintenant !
Ai-je mal positionné ma tête la nuit dernière ? Ce matin, nous sortons le bateau et le calons sans heurts sur le terre plein poussiéreux du chantier ; mon cou me fait beaucoup souffrir (est-ce ce fameux départ un vendredi qui me poursuit ?). C'est affligé d'un méchant torticolis que je passe la première journée et la moitié de la deuxième à poncer la coque, puis un deuxième lavage sous pression pour bien nettoyer la coque de toute poussière, et enfin l'application de 2 couches de Intersmooth 7460 (compatible) . Cette peinture est extrêmement épaisse et m'oblige à tirer à deux mains sur le rouleau pour l'appliquer. Je ne peux pas passer 2 couches sur toute la coque faute de quantité suffisante, mais ça ira. Merci Arlette et Yves ainsi que leurs amis Gérald et sa belle épouse pour nous avoir offert la possibilité d'acheter à prix d'ami leur reste de peinture (Pour info, la seule peinture disponible et compatible offerte sur le marché des Caraïbes est Micron 66 à plus de 300 USD pour 4 litres !!!!). Meng et mes petites, sont devenues la coqueluche des commerçants du village. Elles effectuent plusieurs allers et retours vers Hillsboro, se baignent à la plage avec d'autres épouses de galériens comme moi ensevelis sous des montagnes de poussière et de taches de peinture. Nous devons nous laver avec une eau semi-salée en raison d'une pénurie préoccupante pour les Caraïbes. Les petites s'accommodent de tout avec bon cœur et des tonnes de sourires. Même la longue échelle raide qu'il faut escalader tout les soirs pour remonter à bord est source de jeux et de défis acrobatiques.
Une bonne ambiance règne parmi les propriétaires des bateaux en travaux. Nous rencontrons quelques navigateurs peu orthodoxes. Un couple d'Américains tout à fait intéressants nous offre un DVD traitant d'une analyse très technique sur les évènements du 11 Septembre aux USA. Les conclusions sont accablantes pour les dirigeants de ce grand pays ; ces actes seraient orchestrés, pour des raisons majoritairement économiques, par les USA. Les images sont édifiantes, la logique implacable et les conclusions terrifiantes. J'ai peur !
Après 5 jours de dur labeur sous la poussière, la chaleur et les moustiques, Constante est enfin prêt à retrouver son élément. L'opération est menée par Paul car nous sommes Samedi matin, l'équipe est réduite, il est le seul capable de manier le traveller lift, sauf qu'il n'est le contremaître du chantier que depuis 3 mois seulement. Sa maîtrise de l'engin n'est pas encore acquise. Il éprouve les pires difficultés à avancer parallèlement aux chemins qui s'élancent sur la mer. A plusieurs reprises, je crie pour lui demander de stopper, une roue sur le point d'enfourcher le rail de sécurité. Je transpire à grosses gouttes tandis que notre précieux bateau se dandine au bout des sangles ; tantôt une marche avant, tantôt une marche arrière. Enfin positionné au bon endroit, Constante descend lentement et retrouve l'océan sous la brise apaisante de nos soupirs de soulagement. Au mouillage, nous lavons le pont et les œuvres mortes à grand seau d'eau de mer, de savon et d'huile de coude. Notre voilier retrouve une belle allure.
Nous essayons timidement d'utiliser la WIFI locale gratuite que nous réussissons à capter correctement, mais après deux appels Skype ; un pour mes parents, et un pour ceux de Meng, un virus s'infiltre dans le labyrinthe des circuits compliqués de notre ordinateur. Il abdique en deux jours d'efforts désespérés pour tenter de s'en débarrasser. Une amie sud africaine tente bien de nous aider, et réussi même à l'identifier (Win 32 Heur), mais sans succès. Se connecter sur internet avec une vielle bécane achetée d'occasion et mal protégée, relève de la naïveté. Nous perdons tous nos précieux programmes d'aide à la navigation, communication, photos etc. Nous sommes consternés et frustrés par la fragilité de cette technologie devenue tellement indispensable. Papa me rappelle le lendemain et me propose de nous donner son portable ; un puissant Dell flambant neuf et équipé de tous les logiciels dont nous avons besoin. Je suis confus et embarrassé car il s'agit d'un très beau cadeau d'une part, mais surtout, je ne souhaite pas priver mon Père d'un outil dont il s'est doté pour son usage personnel. Après quelques échanges téléphoniques, je comprends que Papa serait heureux de nous aider. Ignorant tout du poste informatique lié à la navigation hauturière avant notre départ, je l'ai complètement négligé. Je me suis doté du strict minimum. A Singapour, il eut été pourtant simple d'acquérir un portable fiable et bon marché… La joie de posséder un outil d'une telle qualité m'envahit comme une douce tiédeur ; je sens l'amour de mes parents autour de ce cadeau. Merci Papa et Maman. Le mari de ma cousine basée à la Martinique se propose de ramener l'ordinateur de France à la Martinique ; Les dates coïncident parfaitement avec notre séjour prévu sur l'île. Rendez vous est pris.
Nous faisons de belles rencontres avec des Français voyageant aux Caraïbes depuis plusieurs années. Kerdoudou abrite Uma et Roger, de jeunes retraités discrets mais très attentionnés. Pascale et Manolo naviguent sur un petit voilier en alu avec Téva, un petit garçon très dynamique de 2 ans, et Lolita, une très gentille petite fille de 7 mois. Nous nous reposons quelques jours, puis partons faire un tour au sud de Cariacou sur un îlot appelé Saline. L'eau y est très claire, mais un fort courant existe dans les deux sens et le mouillage de corail plat n'autorise aucun accrochage pour l'ancre ; elle repose sur le fond étalée sur le côté ne retenant le bateau que par son poids. Nous passons, pour la première fois depuis notre départ, une bonne heure à plonger en famille. Ca paye ! Meng, très peu à son aise dans cet élément, ne peut s'empêcher de rire à gorge déployée. Son masque se remplit d'eau et accentue son fou rire. Carmen et Julie gravitent autour de moi ou sur mon dos. Je sens leurs petites mains agripper fermement mon bras ou ma jambe ; dans l'eau, je suis leur référentiel, une bouée de sauvetage. Quel bonheur cette union aquatique magnifique. Julie découvre pour la première fois la beauté des fonds sous-marins grâce à ses lunettes de natation. Mes petites femmes se régalent, même Meng, rassurée par le peu de profondeur. J'ai en effet choisi un spot au dessus d'un massif corallien situé à deux mètres de profondeur. De retour au bateau, le courant est maintenant très fort. Nous décidons de lever l'ancre et de revenir à Tyrrel Bay pour passer la nuit en sécurité.
Le lendemain 3 Mars 2010, nous partons pour Sandy Island à 2 miles d'ici. La brise est belle, le soleil brille, que la nature est belle ! L'ancre  tombe dans 4 mètres  d'eau sur un fond de sable de bonne tenue. Nous sommes bien ici. 4 bateaux nous rejoignent. Sandy Island est une petite langue de sable percée en son centre par un mini Lagon. J'emmène de nouveau ma famille entière visiter l'intérieur de ce grand aquarium naturel. Les petites, toujours accrochées à mon dos, découvrent une murène blanche à taches noires. Elle ressemble vraiment à un serpent. Même Meng s'extasie en l'observant. Encore du grand bonheur là, tous ensemble, 4 paires d'yeux grands comme des soucoupes, rivés sur la myriade de créatures sous-marines si proche de nos sens. Nous passons la nuit à l'ancre. Demain sera très différent.
4 Mars 2010, nous partons à Hillsboro pour effectuer notre clairance de sortie. Nous mouillons en face d'un débarcadère. Julie, le voilier de Michel et Marie est enfin sortit du chantier et se trouve au mouillage ; il resplendit avec ses nouvelles peintures et un mât rutilant. Bonjour de la main et nous voici en annexe voguant en direction de la ville. La clairance est rapidement faite ainsi que quelques emplettes pour compléter notre ravitaillement. A 11h30 nous partons pour Petite Martinique située au Nord Est de Cariacou. Nous voulons faire le plein d'eau et de fuel là-bas car le ponton à disposition des plaisanciers figure parmi les plus pratiques des Caraïbes. Merci Cariacou pour ton accueil simple et discret. Chez toi, le crime est rare, tes habitants sont sympa et ne nous ont jamais harcelés. L'eau est le seul problème que nous ayons rencontré ; même le chantier ne l'a pas résolu.
 



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