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Voyage de Cariacou à Petite Martinique et séjour à Petite Martinique

J'envoie la trinquette et l'artimon. Le voilier longe la côte tranquillement et encaisse sans problème des rafales à 33 nœuds. Une fois l'île débordée, Constante se traîne et dérive considérablement car trop sous-toilé en regard du vent maintenant régulier et stabilisé à 25 nœuds. Petite Martinique se trouve tout près, mais directement au vent de notre position ; nous sommes au près serré en direction de Palm Island collée à Union. Malgré les quelques réticences de Meng qui apprécie le confort d'un bateau sous-toilé, J'envoie la grand voile à deux ris. Le bateau s'incline un peu plus, mais repart enfin à bonne vitesse sur sa trajectoire. Nous arrivons à la hauteur de Palm Island en face d'Union et virons de bord vers Petite Martinique. Heureusement que Meng ne perçoit pas bien les distances et les positions de toutes ces îles, car elle prendrait un coup de déprime en découvrant les distances doublées par la nécessité de zigzaguer vers notre destination. Je navigue à vue (depuis la mise hors service de l'ordinateur, mes cartes papiers ne sont pas suffisamment détaillées). Le voilier se faufile entre un banc de sable appelé " Morpion " et un autre appelé " Punaise ". L'endroit est très beau, on a même installé un joli parasol en bois et fibres naturelles un petit ovale de sable blanc entouré de turquoise. Nous virons de bord une dernière fois sous le vent de Petite Martinique, et arrivons sur le ponton de distribution de fuel et d'eau. La houle du large rend le court séjour à quai stressant ; ça tire dur sur les amarres. Nous achetons 309 litres d'eau et une trentaine de litres de gasoil. C'est rapide et simple. Malheureusement, une manœuvre simple en apparence déboule sur un incident qui me coûtera plusieurs jours de repos forcé. Un catamaran amarré perpendiculairement à Constante, tente de sortir du ponton en marche arrière, mais, faute d'erre suffisante, il se vautre lourdement sur notre balcon avant. Meng, qui a suivit la scène, m'alerte immédiatement. Je fonce sur le beaupré où déjà, les touristes polonais et allemands qui ont loué le catamaran, s'activent sans succès à décoller leur bateau du mien. Je m'interpose (Tarzan est arrivé…) entre les deux bateaux ; bras sur notre balcon avant, et les pieds sur le flanc du cata. Je pousse ; action, réaction, ça bouge enfin malgré le vent. Le catamaran se sépare lentement en augmentant la distance entre nos deux bateaux jusqu'à un point critique quelque peu préoccupant. Mon corps est maintenant étendu à l'horizontale entre l'avant de mon bateau sur le barreau supérieur du balcon avant et le flanc du catamaran où mes jambes tendues ne s'appuient plus que sur la pointe extrême de mes doigts de pied. L'espace d'une seconde j'évalue les différentes solutions qui s'offrent à moi en cet instant tragico-comique. Soit, larguer l'ensemble et tomber à l'eau tout habillé ; facile, pas de risques, mais un effet plutôt grotesque en présence d'une audience attentive dont les visages curieux ne manquent rien de la scène, ou alors, je la joue athlète accompli et effectue un magnifique soleil pour me rétablir comme un chat sur le beaupré de Constante. Un micron de seconde plus tard, je prends, vous l'avez dans mille, la mauvaise décision. Je largue l'appui de mes pieds et amorce une belle rotation autour du balcon avant. La tête bien droite, les cheveux au vent et les jambes repliées, je comprends trop tard que l'atterrissage risque d'être plutôt rude. En effet, emporté par l'inertie de mes 80 kg (les 71kgs de 20 ans sont révolus…), je défonce lourdement ma poitrine sur la pointe, pas tout à fait acérée, mais presque, du beaupré. Le sourire aux lèvres, style pub dentifrice, je remonte prestement sur le balcon avant à la force des bras. Tout le monde pousse un haaaa d'admiration, puis le catamaran se dégage et s'en va. Moi, j'ai mal à la poitrine sur le côté gauche juste sous le muscle pectoral(ou ce qu'il en reste). Encore chaud, je ne me doute pas à cet instant que je viens de me fracturer une côte. Au pire, je pense m'être déchiré un muscle intercostal comme lors d'un combat de judo il y a 25 ans (Dieu que c'est loin !). Nous larguons les amarres et mouillons un peu plus loin pour passer la nuit. Un petit tour à terre nous fait découvrir un endroit paisible. Il y a une belle rue fraichement goudronnée, mais aucune voiture n'y circule. Nous dégustons une glace au chocolat avec les petites sur une belle plage déserte. Meng est heureuse, le bateau est plein d'eau et de carburant. Nous sommes prêts pour le reste de notre aventure.
 



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