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SEJOUR A SAINT BARTHELEMY

Le 1er Mai 2010, nous arrivons sous le vent de l’île et décidons de mouiller dans la baie de Stella. Nous serons ainsi tout près du centre ville et nous n’aurons pas à payer de taxe journalière (9 € par jour). L’endroit est propre et beau. L’eau est ici encore plus claire qu’ailleurs. Nous mettons l’annexe à l’eau et nous nous rendons à terre. La plage accueille quelques touristes à peau très blanche. Un restaurant abrite de nombreux clients que l’on devine aisés à en juger par la qualité de leurs vêtements, et les tarifs d’un autre monde affichés sur les menus. Après quelques minutes de marche dans la petite bourgade, nous trouvons une boutique ouverte. Nous payons 5€ pour deux boules de crème glacée !

Gustavia s’étale devant nous ; ville déserte en ce jour férié. Nous nous sentons bien. De retour à la plage, les petites font la connaissance de deux autres petites sœurs dont l’aînée porte un petit caniche au bras ; probablement le dernier d’une longue liste de cadeaux. Carmen et Julie, immédiatement intéressées par l’adorable petit chien, tentent de jouer avec elles. L’aînée vient me voir au bout de 10 minutes pour me demander, m’ayant identifié comme le Papa, de dire à mes filles de les laisser tranquilles. Partout ailleurs, elles ont toujours été reçues à bras ouverts. Ici, des petites du même âge les rejettent ! Interloqué, je ne veux pas, cependant en déduire trop rapidement de conclusions définitives. Je préfère croire que, par manque de chance, mes filles sont tombées aujourd’hui sur deux pimbêches autour desquelles l’univers tout entier gravite. Elles deviendront deux superbes potiches éprises de leur propre nombril ; Candidates en tête de liste de vies sans objectifs. Frappées de déprimes chroniques, on les retrouvera plus tard dans quelque institution payée à grand frais par des familles vaguement concernées, en cure de je ne sais quoi pour espérer reprendre goût à la vie. Etait-ce donc si difficile de partager un peu de temps avec deux petites étrangères…grrrrrrr.

Le lendemain, nous faisons notre entrée à Saint Barth au bureau de la capitainerie. Le préposé commet une faute à mon avis, mais je n’insiste pas. Ne doivent payer une taxe journalière que les bateaux mouillés dans la baie de Gustavia, or, nous sommes à Stella Beach, pourquoi donc payer cette taxe ? Le brave homme se contracte et nous laisse le choix ; soit nous payons et effectuons notre clairance, ou bien nous ne payons pas et n’effectuons pas de clairance. Je paye.

Le soir même, un groupe de musiciens donne un petit bal sur les quais du port. Les rythmes langoureux de cette merveilleuse musique Antillaise nous entraînent dans la danse. Meng et moi sommes seuls au milieu de ces gens qui nous regardent, mais la gêne n’existe pas. Nous virevoltons bercés par le plaisir de la musique. Nous sommes ailleurs, au cœur d’une réalité autre. Je me souviens des mots tirés du livre de bord de mon Père. Après un passage éprouvant autour de l’Afrique du sud, Tarenne relâcha à Cape Town où se trouvait un rallye tour du monde. Mes parents se joignirent à la flottille et passèrent la nuit du nouvel an ensemble. La tension accumulée durant cette navigation difficile trouva, en cette soirée magnifique, un exutoire providentiel. Ils se lancèrent sur la piste de danse au comble du bonheur. Grandies par l’aventure, les âmes se libèrent et se regardent enfin sous le jour de l’amour et de l’amitié.

Meng est dans mes bras ; nous rayonnons, comprenant avec encore plus d’acuité ce soir, que l’essentiel, c’est peut être ça. Carmen et Julie se joignent à nous en une farandole de rire et de bonheur. Puis, de retour dans le ventre de Constante, nous nous endormons paisiblement.

Le lendemain, 3 Mai 2010, nous entrons dans le port de Gustavia pour faire de l’eau. Le préposé à la capitainerie doit être contacté à l’avance car il possède une clé permettant d’ouvrir le robinet d’eau après avoir consciencieusement relevé le compteur. Nous devons payer 19 € les milles litres alors que le tarif est de 9€ chez le particulier. Pourtant nous ne faisons certainement pas figure de nouveau riche avec notre vieux bateau et l’étalage de nos fringues en provenance des rebus de la « Foire Fouille ». Faute d’accès à une source d’eau douce suffisante, je ne peux pas nettoyer le voilier correctement. Constante arbore un air de baroudeur des mers un peu fatigué. Il tranche au milieu de ces vedettes à moteurs clinquantes et ces voiliers aux vernis impeccables. Les touristes débarquent des ferries et embarquent sur la myriade de promène touristes, pour être redébarqués sur quelque plage du littoral suivit du reflux. Etrangers à cette respiration estivale, et nos pleins faits, nous partons. Cap au Nord Nord Ouest ; St Marteen/St Martin.

 

 



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