Accueil / home ConstanteEn route vers la Thailand

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4 et 5 Décembre 2007

4 Décembre


Nous levons enfin l’ancre pour aller à Koh Lipe qui se trouve à 24 miles nautiques de Telaga. Il me faut une bonne heure pour remonter la chaîne et la nettoyer centimètre par centimètre. Une multitude de jeunes bernicles avaient commencé à élire domicile sur mon domaine privé. Les poils durs de notre brosse toute neuve ont raison de leur infraction. Dehors, ça souffle bien, et je suis obligé d’établir la grand voile avec un ris. Enfin de la voile!
Nous arrivons à Koh Lipe à 17 heure 30, mais nous sommes obligés de remouiller un peu plus loin car nous étions trop près d’un bateau de promenade. Il vente fort dans la baie et nous sommes harcelés par le bruit incessant de dizaines de pirogues thaïlandaises propulsées par une hélice montée au bout d’un long tube qu’entraîne un moteur diesel. Le tout est articulé sur un pivot qui permet tous les degrés de liberté sauf un axe de rotation (OX ou OY ça dépend...) sinon le merdier se retrouve dans la flotte... Il n’y a pas de marche arrière ou de point neutre, il faut appuyer sur l’ensemble ; le moteur descend et l’hélice sort de l’eau comme sur une balançoire. Je suis surpris par la dextérité des types qui parviennent à manœuvrer un bateau de cette façon. Un point de détail, le fabriquant de pots d’échappement a dû déposer le bilan depuis longtemps car les échappements sont totalement libres et le bruit est assourdissant. Malgré cela, nous finissons par nous endormir d’un sommeil léger car le vent est fort et les récifs ne sont pas loin. Je me lève trois ou quatre fois dans la nuit pour contrôler, et puis aussi, il faut bien l’avouer, pour pisser! Avec l’âge, les vessies ne semblent plus capables de contenir les mêmes quantités.
Le site est très beau, mais nous ne sommes pas fâchés de ne rester que pour la nuit. C’est décidément trop bruyant pour nous.
 
5 Décembre

Nous partons de Koh Lipe par l’Est donc au vent de l’île pour tenter de nous positionner plus à l’Est de Koh Rock Nock notre prochaine destination située à une quarantaine de miles de là. Le vent est fort et dans le nez. Le temps de nous positionner au moteur, puis nous orientons le bateau vers Koh Rock Nock à la voile cette fois. Vers midi, le vent tombe et se resserre. Nous redémarrons le moteur, mais j’oublie que j’avais serré l’arbre d’hélice grâce à un frein en téflon qui se visse et vient appuyer sur un disque lié à l’arbre. Résultat, je tourne pendant plusieurs heures avec l’arbre sous une pression latérale involontaire. J‘arrive à Koh Rock Nock vers 18 heures 15 en passant par l’Ouest car le mouillage est supposé être plus sur. Mais il n’en est rien. Le site est beau et la nuit tombe bientôt entre les parois rocheuses des deux îles qui forment ce petit paradis terrestre.
Le lendemain un des voiliers qui se trouvait ancré à un bien meilleur endroit, s’en va et libère la place, nous changeons d’endroit et mouillons dans 9 mètres d’eau claire. Je mets le dinghy à l’eau et nous voilà tous ramant (enfin, celui qui rame, c’est moi) en direction de la plage au sable de farine blanche. Bientôt des bateaux rapides propulsés par trois Yamaha en ligne arrivent et déversent leur cargaison de touristes à peau très blanche. Nous repérons les lieux, laissons un sac poubelle et apercevons le manège d’un zodiac avec trois parc rangers à son bord. Il fait le tour des quatre bateaux au mouillage sauf le notre car nous n’y sommes pas. Au même moment le ciel se couvre et annonce un grain imminent. Nous repartons à la rame et regagnons notre bord non sans avoir demandé à notre voisin s’il fallait payer quelque chose. La réponse nous refroidit plus que le grain et la pluie qui s’abat à verse sur nous. Heureusement l’ancre ne dérape pas car j’avais eu le temps de plonger ce matin pour nettoyer l’hélice qui comme la chaîne s’était remplie de petits bernicles, et de constater que nous étions bien près d’un massif de corail affleurant. Donc il faut s’acquitter de la somme rondelette de 400 baths par personne et par jour. Un coup d’œil discret aux rangers nous renseigne sur le fait qu’ils attendront certainement la fin de la pluie pour nous rendre visite. Nous plions tout et levons l’ancre dans la foulée sans regarder derrière. C’est Meng qui suggère de partir pour la grande île Koh Lanta située à 14 miles nautiques au nord de Koh Rock Nock. Elle ne saisit pas les implications de cette décision, mais je décide de ne pas perdre de temps en explications et nous partons. Le grain était un précurseur d’une journée grise où ils se succédèrent (les grains). Nous avons dû marcher au près très serré avec moi à la barre pour tenter de ne rien perdre sur l’angle. Le bateau gîte entre 30 et 40 degrés avec quelques pointes à 45 sous les plus fortes rafales. Evidement, je fais encore une c... et j’oublie de fermer la vanne d’évacuation du lavabo bâbord avant. Je suis dehors et Meng à l’intérieur avec les enfants me dit qu’elle entend la pompe de cale toutes les 5 minutes. J’ai l’angoisse tout à coup; ça me prend au ventre, le bateau peine contre les vagues courtes, le vent est entre 20 et 25 nœuds, ce n’est pas énorme mais c’est dur quand il faut gérer les enfants et que Meng ne se sent pas très bien, obligée de rester à l’intérieur. Pas question d’avoir les enfants dehors dans ces conditions. L’eau rentre et je ne sais pas par où. J’observe le réservoir d’eau douce qui révèle une fuite sur une de ses fenêtres d’accès, et je crois l’espace d’un instant que la fuite provient de là, mais au bout d’une heure, Meng me dit qu’elle entend de l’eau couler à flot vers l’avant du bateau; c’est la révélation immédiate; j’ai oublié de fermer la vanne. Je suis soulagé qu’il ne s’agisse que de cela.
Nous jetons enfin l’ancre au milieu d’une baie en face d’une superbe plage. C’est finalement bien mieux que Koh Rock Nock; c’est beau et très bien protégé de la mousson de Nord Est. Nous décidons de nous reposer une journée.
Le lendemain, nous allons à la plage à la rame, il fait beau et l’eau est claire. Nous rencontrons le Général Manager du superbe ressort construit sur ce site. Il est Français et porte le même prénom que moi, nous sommes les bienvenus. Pas question de payer quoi que ce soit ici; finalement ce fut une bonne opération pour nous. La motivation de l’argent nous a fait déguerpir pour affronter la mousson droit devant avec à l’arrivée une belle journée de farniente à jouer avec nos filles et à bavarder avec quelques riches vacanciers blasés par la beauté somme toute discutable car toujours comparée à celle plus magnifique d’autres endroits visités ailleurs, avant... Nous, nous en jouissons pleinement car il a fallu souffrir un peu avant de jeter la pioche ici.


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